lundi 18 octobre 2010

The Social Network




Sean Parker: Drop the "the". Just "Facebook". It's cleaner.



La sortie de The Social Network me permet d'aborder la carrière d'un des réalisateur les plus talentueux du cinéma Hollywoodien des vingts dernières années.
David Fincher possède une filmographie qui relève presque du sans faute: Alien 3 (1992), Seven (1995) ou encore Fight Club(1999) pour ne citer que cela, sont aujourd'hui des objets cultes, des œuvres uniques et étranges qui ont hélas faits de l'ombre à des films injustement oubliés comme The Game(1997) ou Panic Room(2002).
Plus récemment, avec le brillantissime Zodiac(2007) et l'impressionnant Benjamin Button(2008), Fincher semblait avoir franchi un nouveau cap, mettant sa mise en scène virtuose et sauvage au service de films sommes, ne portant qu'en creux la trace de leur noirceur. The Social Network vient totalement confirmer cette idée et s'inscrit sans difficulté comme l'une des ses plus belles œuvres, tour de force d'autant plus admirable que le sujet du film n'avait rien d'ouvertement spectaculaire.
En s'inspirant du livre de Ben Mezrich : The Accidental Billionaires, Fincher nous prouve le contraire. Il narre l'ascension de Mark Zuckeberg sur le toit du monde telle une tragédie grecque : Rivalités, trahisons, et mises à mort, le tout raconté avec une apparente sobriété cachée en réalité par une mise en scène époustouflante (la première séquence du film, mise en boite au bout de 99 prises est une leçon de cinéma sur comment mettre en scène une discussion) le tout force le respect.
De plus, comment ne pas être touché par le sujet du film puisqu'il nous concerne tous et que à l'heure actuelle, sans Facebook, je ne serai pas en train d'écrire ces lignes puisque que n'aurai personne pour les lire!
Avec The Social Network, Fincher à écrit une partie de notre histoire, celle qui continue de s'écrire en ce moment même.

C'est pour cela que la force principale du film réside il me semble dans sa capacité à décrire notre génération, celle de l'informatique et de l'information instantanée. Avec seulement un ordinateur est une idée géniale, Zuckerberg est devenu PDG d'une entreprise qui vaut plus de 24 milliards de Dollars. Il y a vingt ans, personne n'aurait pu imaginer cela. Fincher fait du jeune étudiant d'Harvard un personnage frustré, asociable, à la limite de l'autisme. Mis à l'écart de la microsociété hype de Harvard, il aurait crée Facebook pour montrer à tout ces fils à papa et surtout aux filles, de quoi est capable un "Nerd".

Zuckerberg incarne la figure du génie incompris. A l'opposé, le personnage d'Edouardo Severin (Son seul ami qu'il finira par trahir) force l'identification du spectateur, il souhaite se "sociabiliser", rentrer dans la danse. Zuckerberg, lui, force la fascination, un sentiment situé quelque part entre l'admiration et le dégout. C'est un personnage distant du spectateur et donc illisible, perdu dans sa solitude.
De ce fait, l'idée qu'un "Nerd" paumé soit à l'origine du plus grand réseau social du monde est complètement paradoxale et pourtant parfaitement logique. Mark est un mal aimé prêt à tout pour être cool, d'où son désintérêt pour l'argent. il semble vouloir prouver à tout prix.

Avec la révolution Internet, Facebook est surement l'une des plus belles utopies du XXIème siècle. L'idée d'un monde entièrement connecté capable de communiquer à tout moment et par tout les moyens est une belle idée qui, léguée à l'humanité peut devenir une arme dangereuse.
Nous ne sommes pas sur Pandora! Magnifique sur le papier, Facebook peut devenir un outils pervers entre les mains de l'homme. Dans le film, Zuckerberg et Averin voit dans la création d'un tel réseau le moyen de draguer les étudiantes de Harvard sans prendre de risque. Facebook comme un remède à leur insociabilité!

Le film repose sur cette idée tout du long et livre donc un message volontairement ambigu. Ce n'est pas que Fincher hésite, au contraire il inverse à volonté la balance pour ne jamais caricaturer son personnage et nous faire réagir. C'est là l'immense subtilité du film auquel s'ajoute le scénario de Aaron Sorkin, dénoué de toute faille.
Les jeux d'allers et venues dans le temps ne font souffrir le film d'aucune lourdeur. Le passé apporte des réponses au présent et vice versa dans un mouvement presque dialectique.
Cette structure narrative efficace donne au film un rythme soutenu, pour ne pas dire parfait.

S'ajoute à cela la qualité des dialogues écrits par Sorkin. On retrouve l'art de la réthorique du scénariste de séries télévisées ( scénariste de " The West Wing" : A la Maison Blanche). On se rapprocherait même du sitcom tant les dialogues ont tout de joutes verbales débitées à cent à l'heure. Il faut dire que le texte est porté par de jeunes acteurs qui comptent parmi les plus talentueux d'Hollywood aujourd'hui : Andrew Garfield n'est autre que le prochain Spiderman et Jesse Eisenberg (dont je n'ai pas manquer de vanter les mérites dans ces pages : Adventureland, Zombieland) est gigantesque! Regard vide et effrayant, diction fleuve doublé d'un snobisme des plus irritants. Son Zuckerberg de composition est en tout point crédible. Le trio est complété par le surprenant Justin Timberlake, très à l'aise dans le rôle de Sean Parker, sorte de version alternative de Zuckeberg, sexy et dégénéré!

David Fincher nous gate. Direction d'acteurs brillante, rythme impeccable et cette éternelle photographie jaunâtre auquel s'ajoute un sous éclairage qui donne une atmosphère vétuste et anachronique aux lieux qu'hantent nos personnages. Toute la noirceur du film est palpable une fois encore dans l'esthétique du cinéaste.
Si Facebook est un phénomène mondiale, Fincher vient de mettre en image le mythe qui l'accompagne en dessinant la figure de Mark Zukerberg à l'image du site qu'il à crée : A la fois génial et immature, ambitieux et naïf.

Attention film très important.





mercredi 13 octobre 2010

Le "teennage movie" américain en quelques titres

Voici une liste non exhaustive des "teenage movies" américain des années 1980 à aujourd'hui.
N'hésiter à compléter cette liste qui est complètement personnelle et ne se pose en aucun cas comme un modèle.

Ceux qu'il faut voir :

- Animal House (1978) de John Landis

- Breakfast Club (1985) de John Hugues

- Ferris Buelter's day off (1986) de John Hugues

- American Pie (1999) de Paul Weitz

- Road Trip (2000) de Todd Phillips

- Girl Next Door (2004) de Luke Greenfield

- Superbad (2007) de Greg Mottola

- Adventureland (2009) de Greg Mottola

- Be Bad (2010) de Miguel Arteta



Ceux qu'il faut éviter :

- American Pie 2, 3 et autres suites

- Sex Academy (2001) de Joe Gallen

- Sexy Boys (2001) de Stephan Kazandjan

- High School Musical 3(2008) de Kenny Ortega

- 18 ans encore (2009) de Burr Steers



Pour aller plus loin: Une autre vision de l'adolescence Américaine.

- Les lois de L'attraction (2002) de Roger Avary

- Ken Park (2002) de Larry Clark (toute la filmo de Larry Clark d'ailleurs)

- Thirteen (2003) de Catherine Hardwick

- Elephant (2003) de Gus Van Sant

mardi 12 octobre 2010

Adventureland


"Sue O'Malley
: What are you majoring in?
Joel: Russian literature and Slavic languages.
Sue O'Malley: Oh wow, that's pretty interesting. What career track is that?
Joel: Cabby, hot dog vendor, marijuana delivery guy. The world is my oyster."


James Brennan restera vierge ce soir. Encore une qui le large sans pitié, mais peu importe, car James vient de décrocher son diplôme avec succès et l'été qui arrive s'annonce libérateur. Au programme, un voyage de deux mois sur le vieux continent, le rêve de tout étudiant américain.
A la rentrée l'université de Columbia à New York n'attend que lui.
Les choses se compliquent quand ses parents lui annoncent qu'ils sont fauchés et qu'au lieu de partir il devra travailler pendant tout l'été pour payer ses études. A Pittsburgh, le seul boulot qui l'attend est un job de poltron dans le parc d'attraction le plus miteux de la région.
L'été s'annonce radieux!

il est peu probable que vous ayez déjà entendu parler d'Adventureland pour la simple et bonne raison qu'il n'est pas sortie dans les salles françaises. En temps normal, on pourrait en conclure que le film était peu être trop mauvais pour qu'aucun distributeur n'ai voulu le diffuser.
Mais quand on voit qu'aujourd'hui, le dernier film de Joe Dante (Le père des Gremlins) est toujours en quête d'un distributeur courageux en France, on se dit que la qualité d'un film ne semble plus être un argument suffisant pour cette industrie frileuse, à la recherche de succès faciles basés sur des recettes pré-mâchées ( Bon je suis sévère mais tout de même!).

Pourtant, Adventureland est un Ovni dans la catégorie "Teenage movie léger" qui ne manque pas de qualités.
Le film se démarque assez nettement des comédies estampillées Judd Apatow, reconnaissables par leurs dialogues bavards, rythmés mais surtout potaches, pour ne pas dire vulgaires. Adventureland ne vous fera pas hurler de rire toutes les dix secondes, mais le film use d'un humour discret et tenu, relevant le plus souvent du comique de situation et d'un burlesque cocasse. Là ou "l'homo Apatow" (entendre par là le héros masculin typique des comédies Apatow) voit la femme comme un être incompréhensible mais qu'il faut à tout prix mettre dans son lit pour être cool, le personnage de "James" écrit par Greg Mottola n'est pas un "loser", juste un type qui n'a pas eu trop de chance avec les filles jusque là!

Le trait est donc moins caricatural et tente au contraire de dessiner des personnages avec finesse et élégance. Ce qui surprend encore plus et qui propulse le film vers d'autres horizons, c'est la mise en scène de Greg Mottola. Le réalisateur nous avait proposer un style assez neutre et transparent dans Superbad (2007). On se doute que l'ombre d'Apatow (producteur de Super bad) devait flotter au dessus de lui pendant le tournage et que la consigne devait se résumer à sublimer les dialogues écrit par le maître et son disciple Seth Rogen.

Ici, Mottola s'exprime pleinement et use d'une esthétique remarquable à tout points de vues, mêlant lumières brumeuses, effets de clairs/obscurs, traitement des couleurs original qui font de ce parc d'attraction sordide, une sorte de Microcosme envoutant, magique, théâtre de la naissance d'un amour inattendu.
Le film surprend totalement quand le réalisateur s'attarde à filmer le visage de son personnage scrutant religieusement le profil de la jeune Emily. La longueur de ces plans de regards "hors champs" coupés seulement par des contres champs révélant le visage délicat mais imparfait de "Em" nous donne à voir rien de moins que la naissance d'un amour à la fois fort et fragile.
Greg Mottola, scénariste et réalisateur du film s'exprime ici pleinement et laisse entrevoir la possibilité d'un style personnel, délivré de l'influence d'Apatow.

Les acteurs finissent de nous convaincre. ils sont tous absolument parfaits du binoclard qui lit de la littérature russe et fume la pipe à la bimbo glamoureuse qui se déhanche comme Madonna mais ne couche pas!
La comédie américaine contemporaine à vu naitre (thanks to Apatow, c'est homme est partout!) de jeunes acteurs talentueux destinés à régner sur Hollywood à l'image de Jonah Hill et Michael Cera. A présent c'est au tour de Jesse Eisenberg (James Brennan) de briller. Après l'excellent Zombieland (2009), il tient cette semaine le rôle titre du dernier David Fincher (s'il vous plait!) : The Social Network où il incarne le créateur de Facebook, Mark Zukerberg.
Dans Adventureland il forme avec Kristen Stewart un couple vrai, touchant, evitant le sur-jeu dans les moments cruciaux. Leurs scènes sont magnétiques. Oubliez Twilight et son héroïne frigide. Stewart est désarmante de talent dans Adventureland : Aucun maquillage, les cheveux en vrac, un air de garçon manqué et pourtant, le charme opère.
Mottola la filme avec une pudeur et une finesse assez rare pour un film marqué du sceau de la comédie légère. la teneur du film nous pose même parfois la légitimité du terme "comédie" tant il tend à basculer vers quelque chose de plus grave.Une douceur grave.

C'est peut être à cause de tout cela que le film n'est pas parvenu jusqu'à nos salles. L'absence d'humour gras et de nichons à l'écran ont dû certes découragés les diffuseurs, mais c'est surtout la tonalité du film qui n'a pas dû manquer de les effrayer.

Pour finir notons que le film se passant dans les années 1980, la BO n'a rien à envier à GTA Vice City et force la référence au cinéma de John Hughes, inconnu de notre génération mais considéré comme "Le" réalisateur des adolescents des eighties. Le choix de dater le film à cette époque n'est donc pas anodin.
Adventureland est la preuve que le "teenage movie" est un genre à travailler, à diversifier et peut être même à magnifier.

mercredi 29 septembre 2010

Wall Street "money never sleeps"


"It's not about the money - It's about the game"

Oliver stone continue son portrait acerbe de l'Amérique et de ses institutions en nous présentant cette semaine "Wall Street, money never sleeps", en quelque sorte une reécriture actualisée du film "Wall Street" qu'il avait réalisé en 1985.
Avec la crise économique de 2008, il est vrai que l'initiative est pertinente. Michael Douglas est toujours de la partie, il reprend le personnage désormais culte de Gordon Gekko qu'il lui avait valu l'oscar du meilleur acteur il y a maintenant 25 ans. A ses côté, Shia Labeouf alias "l'étoile montante d'Hollywood" reprend presque le même personnage de jeune loup idéaliste qu'incarnait Charlie Sheen. Il est toujours question de spéculation, de fraude, de triche et de coups bas mais autant dire qu'avec la crise de 2008, le tout prend une autre dimension.

Le film de Stone est il un brulot anticapitaliste? Son analyse est elle objective et pertinente?
Je laisse aux spécialistes le soin d'en décider. Pour ma part je vais tacher de parler de ce que je connais, c'est à dire de cinéma, et en cela la sortie d'un film d'Oliver Stone est toujours un événement en soi.
Le film et ses enjeux sont parfois compliqués à comprendre quand on y connait pas grand chose à la finance ce qui est mon cas. De plus, on connait le sérieux de Stone dès qu'il s'agit de retranscrire avec précision les langages techniques du monde institutionnel ou autres (ce qui ont vu JFK ou Nixon savent de quoi de parle !). Le trait pourrait agacer mais il en est rien, le but est de décrire un univers fermé, difficile à décrypter mais dont il faut pourtant s'intéresser car après tout, ces traders semblent être rien de moins que les rois du monde.

Le film est long, ce qui est également une habitude chez Stone, en revanche il pâlit d'un certain manque de rythme. Heureusement le casting est irréprochable. Shia Labeouf est convaincant dans un rôle mature qui le sort enfin des films de genre. Dans cette jungle de mâles dominants il se démarque par cette sa figure enfantine et incarne ainsi parfaitement l'innocence, l'ambition et l'idéalisme de sa génération là où Charlie Sheen laissait un peu de marbre.
Michael Douglas est quand à lui savoureux ! Chacune de ses apparitions illumine le film, son jeu emballe le rythme de toutes ses séquences. Dans le premier opus, il incarnait la figure de grand frère, l'exemple à suivre. Avec l'âge c'est évidement en père mais surtout en imposteur que Stone le filme aujourd'hui.

"Wall Street" premier du nom était filmé avec une grande sobriété. Pas d'effets de montage complexe, pas de mixage nerveux de la bande son comme les aime Stone, ce qui en faisait un film à hauteur d'homme, un film intimiste qui se limitait à certains lieux (le plus souvent des bureaux) impersonnels et étouffants. En ressortait une atmosphère tendue accentué par des échanges de dialogues aiguisés. Une vrai partie d'échec.
Cette suite peut dès lors se lire comme une réécriture, une proposition alternative que Stone décide cette fois de dynamiser par sa mise en scène. Beaucoup plus de séquence en extérieur, de grands mouvements de camera qui viennent caresser, sublimer les building de Manhattan (le dernier plan du générique est superbe, la caméra monte en serpentant les building jusqu'à une fenêtre qui sera le point de raccord avec le plan suivant mais également avec le début de l'histoire), enfin beaucoup de jeux de montage et d'incrustations animées du domaine du ludique. Stone joue avec les chiffres, les courbes, bref tout les signes graphiques liés à l'univers de la finance afin d'en faire des images de cinéma. Le réalisateur fait souvent mouche, on retiendra ce plan remarquable où ce dernier associe visuellement le cours de la bourse avec la "Sky Line" de Manhattan.
Du changement donc, pour autant il ne manque pas de citer son premier film puisque la typographie du générique reste la même ainsi que le magnifique lever de soleil qui vient se refléter sur les immenses tours new-yorkaises. Bud Fox (Charlie Sheen), héros du premier film, revient également le temps de brèves retrouvailles avec cette vieille canaille de Gekko.
La mise en scène des dialogues est toujours aussi affutée avec effet de filage, mise au point brusque. On aime mais l'on regrette parfois de ne pas être plus emballer par le fond.

Le film ne convainc donc pas complètement le spectateur, et nous n'attachons au final que peu d'importance au devenir du couple de Jacob Moore ( Shia labeouf). Cependant il séduit,d'un charme froid, et certaines images viennent vraiment semer le trouble dans nos esprits.
L'une d'elle m'a marqué mais sans parvenir à lui donner un sens :
En se rendant au travail Moore passe devant une gigantesque vitre panoramique. Derrière on distingue clairement l'étendue vide de Ground Zéro, immense chantier en reconstruction. La scène est filmé en un seul plan, Moore passe devant, s'arrête un instant puis repart.
Le moment est fort, le sur cadrage de la vitre accentue l'effet. le plan crée presque un malaise bien qu'on ne sache pas quoi en conclure.
est ce juste une piqure de rappel ? ou bien faut t'il faire un rapprochement direct avec ce qui précède ou suit l'image ? Rien que pour cela, un deuxième visionnage est nécessaire.

jeudi 16 septembre 2010

Zombieland


Time to nut up or shut up!


Il fallait absolument que je vous parle de Zombieland. Je l'ai vu récemment malgré le fait qu'il soit sortie en novembre dernier et je dois dire que j'ai pris un plaisir monstre à regarder ce film.

Le récit reprend la trame classique du « Zombiefilm » : Une population entièrement contaminée, une poignée de survivants qui tentent de survivre dans une univers chaotique, infesté de Zombies hideux et belliqueux. Mais ne vous y tromper pas, Zombieland est avant tout une comédie débraillée et irrévérencieuse, en quelque sorte une version américaine du très bon Shaun of the dead (2004) emmené par le duo britannique « Edgar Wright - Simmon Pegg ».

Le duo de Zombieland est lui aussi plutôt hilarant. Prenez un adolescent des plus banals, comme on peut en trouver dans les comédies de Judd Apatow : Passif et lunaire mais courageux. Associé le à une machine à tuer : Un « Zombiekiller » à l'image de l'éternel Bruce Cambell dans la trilogie Evil Dead (1981 – 1987 – 1992). Vous avez ici le cocktail parfait entre film d'action musclé et comédie hilarante !

Le film combine d'ailleurs les deux genres à merveille, donnant au récit un rythme trépidant, où les scènes d'actions jubilatoires succèdent aux "Punch Line" dévastatrices (VO Obligatoire!). Le duo deviendra vite Quatuor puisque deux furieuses « Ladies » les accompagneront dans leur voyage impossible vers...on ne sait pas trop quoi !

Le film offre des séquences pour le moins cultes, certains plans sont à tomber par terre par leur originalité. L'influence est bien évidement du côté des jeux vidéos : La voix Off du héros mène le film en nous citant les règles qu'il faut respecter pour survivre. Au même instant les messages s'affichent non pas en 2D sous l'écran comme dans un film classique mais bien en perspective. Si mon explication vous semble abstraite penser à l'animation d'un « Head Shot » dans « Call of Duty » ou aux messages qui surgissent de l'écran dans « Unreal Tournament ».Cette aspect ludique se retrouve totalement dans Zombieland, les messages allant même jusqu'à rentrer en interaction avec les élément du décors. Pour ma part c'est une première dans un film et le résultat est détonant! Les scènes de « Shoot », dans le choix du cadre et dans le rythme se rapproche fortement des sensations d'un jeu vidéo de «Beat them all » ( la séquence finale dans le parc d'attraction est jubilatoire !).

Pour ce qui s'agit des séquences de comédie, on est dans un humour très proche du style Judd Apatow, le roi actuel de la comédie américaine. Apatow à instauré depuis maintenant 5 ans, un comique de la vanne, de l'argumentation, de la réplique hyper référencée. Pour savoir de quoi de je parle je vous invite à voir immédiatement ses trois réalisations : 40 years old virgin (2005), Knocked up (2007) et Funny People (2009). Mais également ses productions ainsi que les comédies dont il est le scénariste (et tout ça en VO!). Il s'agit ici de dialogues fluides et étoffés qui ont pour but de nous rapprocher des personnages, de leurs donner une crédibilité, une vie. Pur ceux qui le connaisse, voir le vénère, sachez qu'un acteur mythique fait une apparition pour une des scènes les plus drôles du film. Je dirais seulement que ses initiales sont : B.M.

Zombieland est un film complètement décalé et assez gore ! Mais comme pour Piranha 3D, armez vous d'un bon second degré pour l'apprécier à sa juste valeur. Enjoy !


lundi 6 septembre 2010

Piranha 3D



Alexandre Aja : "J'avais envie d'un film pop-corn, comme j'aimerai en voir un si j'avais 15 ans."


Les piranhas sont de retour, et ils ne sont pas contents!
Sortie mercredi 1 septembre sur les écrans français, le dernier film d'Alexandre Aja est un joyeux bain de sang. Mais avant de parler jambes coupés et tripes à l'air, petit récapitulatif historique.
Piranha est un film de 1978 réalisé par le trop oublié Joe Dante ( Gremlins 1 et 2 1984, 1990), véritable trublion de l'écurie Spielberg et qui se fera vite évincer par ce dernier. Il est vrai que Dante vient d'une autre école, celle de la série B, d'ailleurs son Piranha de 1978 produit par le roi du Nanar, Roger Corman, en est un bon exemple. Sortie deux ans après les Dents de la Mer, Piranha en est une parodie au second degré mais n'en reste pas moins un film inventif et malin. Corman avait une recette simple: De l'action, du sang et des nichons !
Aja, en fan absolu du cinéma d'horreur, reprend à la lettre l'esprit Corman et le fait même passer au niveau supérieur. Il faut voir comment notre Frenchie national s'était accommodé du cultissime « La colline à des yeux, 1977 de Wes Craven. Son remake de 2006 avait mis toute la presse d'accord sur un point: Ce type a du talent!
Avec Piranha 3D, il n'y a plus à hésiter, Aja est en passe de devenir un maitre du cinéma gore. Dans un autre registre que La colline à des yeux ou Mirrors (2008), Piranha est un défouloir à prendre au 2ème voir au 3ème degré. Comme l'original, le film d'Aja est un hommage total au Dents de la mer dont il reprend la trame narrative avec précision, mais pas seulement. Certains choix esthétiques sont immédiatement reconnaissables comme la fontaine de sang qui sort de l'eau et le travelling compensé que je mentionne dans mon analyse du film de Spielberg. L'hommage va jusqu'au mimétisme, il n'y a qu'a voir la fin du film et la manière dont le héros se débarrasse de ces vils bestioles. enfin la participation de Richard Dreyfuss au casting fera sourire tout les fans absolus de Jaws !

Cependant Aja n'est pas un copieur maniériste et sa patte est plus que reconnaissable. N' oublions pas que nous sommes dans une série B, le metteur en scène opte donc pour une mise en scène totalement outrancière et décomplexée qui progresse sans aucune faute de rythme vers un feu d'artifice, une apothéose gore qui n'est supportable que parce qu'elle drôle. L'humour noir est le maître mot du film et croyez moi, vos rires ne seront qu'un échappatoire pour exprimer votre dégout. Je vous laisse le soin d'aller voir le film pour vous rendre compte à quel point les scénaristes ont été inventifs dès qu'il s'agit de mise à mort !

De là à faire d'Aja un bourrin il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas, car sa mise en scène est toujours surprenante et mortellement efficace en opposition à un scénario qui, bien entendu, ne surprendra personne. L'intérêt n'est pas là. L'heure est la satire d'une Amérique tape à l'œil. Ici les victimes sont les participants du Spring Break, sorte de défouloir pour étudiants coincés. Au programme, Sexe, alcool, et Musique à fond, le tout sous un beau ciel bleu et une lumière chaleureuse.
Pour Alexandre Aja, Le Spring Break est « une métaphore saisissante de l'Amérique dans ses excès et ses contradictions ».

Pas question pour lui de jouer le moraliste, encore une fois le réalisateur s'exprime clairement :
« J'ai déjà participé à un Spring Break: Ce qui devait être un moment de liberté, de plaisir, n'est en réalité qu'image, représentation, conformation à des codes débiles ».

déjà dans La Colline à des yeux, la famille Carter représentait une certaine idée de l'Amérique Post Reagan et ce n'est pas pour rien si le héros du film est un jeune démocrate pacifiste qui se transforme en machine à tuer pour sauver ce qui lui reste. Les méchants n'étaient rien autre que des humains désespérés et condamner à survivre. On sent dans Piranha cette même compassion du réalisateur pour ses petites bêtes qui ne font rien d'autres que nous rappeler que notre place n'est pas dans l'eau! Incarnation de la nature vengeresse face à la race humaine qui inonde le lac de cadavres de bouteilles, Le nouvel observateur parle même de films gore écolo.

Tout ces beaux bustes bronzés et ces corps parfaits seront mutilés, déchiquetés et recrachés sans pitié ! Un petit mot sur la 3D pour dire qu'elle n'est ici qu'accessoire puisque ce sont avant tout des effets gadgets de surgissement qui sont utilisés ( Ils n'en sont pas moins drôles). Exception pour la scène des sirènes...La 3D offre ici une perception étrange et presque poétique pour une scène qui est à coup sûr déjà culte. Pour tout les fans de Retour vers le futur, Christopher LLoyd alias "Doc" fait partie du Casting du film pour notre plus grand plaisir.

lundi 30 août 2010

Jaws



"We gonna need a bigger boat"


Jaws! Voila un film qui a traumatisé des générations de spectateurs, moi le premier!
Sortie en Juin 1975 sur les écrans américains, il est considéré comme le premier Blockbuster de l'histoire du cinéma. Les blokbusters sont ces films qui sortent pendant les périodes estivales et qui sont généralement d'imposante productions sensées faire exploser le Box Office.
Plus précisément, ce qui à permis à Jaws de battre tout les records de bénéfices, c'est son mode de distribution. C'est en effet le premier film distribué de manière intensive, c'est à dire dans un très grande nombre de salles sur le territoire américain en un laps de temps très court. Avant cela, un film pouvait rester un an à l'affiche. Il était diffusé dans un nombre de salles défini, puis selon son succès, on augmentait les copies. Pour le meilleur et pour le pire, le succès du film a conduit Hollywood à modifier radicalement la promotion et la distribution des ses films, si bien que aujourd'hui, la recette marche parfaitement : Promotion infernale avec affiches et trailers dans les rues, à la télévision et sur internet; sortie évènementielle à l'internationale et le film rentre dans ses frais dès les deux premières semaines avant de dégringoler à cause d'un bouche à oreille négatif. C'est ce qui arrive fréquemment aujourd'hui car tout les films ne sont pas "Jaws".

Le film de Spielberg, en plus d'avoir donner le sourire aux banquiers, à fait vibrer les amateurs de cinéma. Jaws est un mythe: 5 mois de tournage, des conditions en mer catastrophiques, un réalisateur jeune et inexpérimenté (Spielberg n'a que 28 ans), des acteurs poussés à bout et des producteurs appeurés. tout était réuni pour que le film soit un échec, ce fut un miracle.

Dans cet article nous analyserons en détail un extrait du film à défaut d'en faire une critique générale mais d'abord, laissez moi vous résumer brièvement l'histoire :
Le chef policier Brody à quitté New York avec sa famille pour une bourgade plus tranquille, l'île D'Amity. Chaque été, l'enjeu est de taille car la ville doit se parer de ses plus beaux atouts pour accueillir les vacanciers, et engranger des bénéfices satisfaisants. Seulement voila, un matin, sur la plage d'Amity, les restes d'un cadavre jonchent le sable fin. Sur le rapport de police Brody inscrit dans la case "cause du décès" : Attaquée par un requin.

L'extrait que je souhaite analyser est la deuxième attaque du requin, celle que j'appellerai ici : Alex et le matelas jaune.
C'est scène est une pure démonstration du cinéma de Spielberg qui s'inspire ici du "Master" Hitchcock, vous allez comprendre.
Résumons et spatialisons la scène : Nous sommes sur la plage principale D'Amity en début d'après midi. La mer s'étend d'un côté, la plage de l'autre avec les premiers vacanciers de la saison. Alex insiste auprès de sa mère pour prendre un radeau gonflable et aller jouer dans l'eau. Plus loin, Brody, tendu, scrute la plage. Il sait que le requin à déjà attaqué. A côté de lui sa femme et quelques amis discutent dans l'arrière plan. Évidement, l'accident survient, le petit Alex se fait attaquer et Brody ne peut que contempler le désastre.

Cette scène est intelligemment construite dans sa spatialité : D'un côté la terre, de l'autre la mer. D'un côté la sécurité, de l'autre, la perte de contrôle, l'inconnu donc le danger. C'est en quelque sorte la thématique du film: La bataille entre l'Homme et la Nature. Spielberg met en évidence cette idée par cette alternance de champs contre champs à 180 degrés : La Mer; Cut: Brody; Cut: La mer etc.

Là où la séquence se rapproche du style hitchcockien, c'est dans le choix du jeu de point de vue. L'essence même de cette scène c'est l'impuissance de Brody. Il sait qu'il y a déjà eu une attaque et que si cela se reproduit, il ne pourra rien faire, il sera impuissant. d'un autre côté il désire presque cette attaque pour pouvoir dire au maire de la ville qu'il avait raison et qu'il faut fermer la plage. Autre facteur, on apprend que Brody à peur de l'eau. Il est donc prisonnier de la plage et simple spectateur de l'action. Spielberg construit alors sa séquence en utilisant divers aléas qui vont empêcher Brody de se concentrer sur ce qui se passe dans l'eau: Vous remarquerez en regardant la séquence que les alternances de champs sont motivés à chaque fois par le passage de vacanciers qui viennent obstruer la vue de Brody, et la notre par la même occasion. Spielberg ne les filment pas comme des vacanciers mais juste comme des formes floues, au premier plan, qui viennent véritablement nous cacher la vue.

La deuxième gène, c'est cet homme aux larges épaules qui vient parler à Brody d'un problème futile. La carrure de l'homme cache la vue de Brody qui tente de regarder par dessus son épaule pour ne pas perdre la mer de vue. Spielberg nous place encore une fois dans le point de vue du héros. L'homme au premier plan est net, ainsi que la mer derrière lui ou un jeune couple chahute. Normalement, la mise au point doit se faire sur le premier ou le second plan pour montrer aux spectateurs ce qu'il faut regarder. Mais Spielberg utilise ici une double lentille pour faire le point partout. On comprend alors Brody essaye de diriger son attention sur ce qui se passe dans l'eau mais doit également feindre de s'intéresser aux problèmes du personnage au premier plan.
De la même manière que Hitchcock, Spielberg utilise des procédés techniques pour que le spectateur, en plus d'épouser le point de vue du héros, ressente les mêmes sensations que lui.

Le petit vieux avec son bonnet noir et le jeune couple qui chahute étaient bien évidement de fausses alertes pour faire monter un peu plus la tension. Mais il ne peut pas y avoir d'attaque du requin sans la musique de John Williams! Le thème du requin associé au plan subjectif sous l'eau est le véritable signal d'une attaque imminente.
On remarque également que dans cette séquence, les sons de bruits d'eaux sont mixés très fort de manière à couvrir toute l'ambiance sonore de la séquence. La tension monte d'un cran quand Spielberg allie à ces sons un montage très saccadé montrant les enfants jouer dans l'eau. Le requin se rapproche dangereusement de sa proie à mesure que la musique s'emporte, et c'est l'attaque...
Spielberg la film en Cinq plans courts mais redoutablement efficace :

Plan 1 : la mer, une forme emporte le gamin sous l'eau; Cut: did you see that?; Cut: Une fontaine de sang; Cut: le gamin hurle sous l'eau; Cut: Réaction de Brody.

Après avoir atteint un pic sonore puissant, la musique de Williams s'efface quelques secondes, créant un malaise total, avant de reprendre par un son de violon étourdissant alors que Brody est plaqué contre sa chaise. Ultime référence à Hitchcock. Pour le plan de réaction sur Brody, Spielberg opère d'un travelling compensé (un zoom arrière avec un travelling avant ou un zoom avant avec un travelling arrière). Cette technique a pour effet de créer visuellement une sensation de vertige, c'est pourquoi Hitchcock l'avait expérimenté pour Vertigo. Hommage évident donc, mais l'effet est ici tout aussi efficace. En un seul plan, Spielberg fait passer toute l'impuissance de Brody face au spectacle abominable qui s'est déroulé devant ses yeux. Comme James Stewart dans Vertigo, Brody est un héros traumatisé, si bien que, quand la foule se précipite dans l'eau pleine de sang pour aller chercher les enfants apeurés, Brody s'arrête juste au bord de l'eau et se garde bien de mouiller ses pieds. Il est véritablement bloqué sur la plage.

Tout les enfants sont saufs, à l'exception du petit Alex. Mais ici pas de cadavre déchiqueté, juste un petit matelas jaune dégonflé et violemment dévoré qui danse dans le remous des vagues rouges.

Spielberg signait ici un acte osé, faire mourir un enfant de manière aussi cruelle dans un film hollywoodien a été très mal vu à l'époque. Il ne recommencera plus jamais. 35 ans après, Jaws est toujours là quand vous allez vous baigner. N'est ce pas la marque des grand films?