lundi 6 septembre 2010

Piranha 3D



Alexandre Aja : "J'avais envie d'un film pop-corn, comme j'aimerai en voir un si j'avais 15 ans."


Les piranhas sont de retour, et ils ne sont pas contents!
Sortie mercredi 1 septembre sur les écrans français, le dernier film d'Alexandre Aja est un joyeux bain de sang. Mais avant de parler jambes coupés et tripes à l'air, petit récapitulatif historique.
Piranha est un film de 1978 réalisé par le trop oublié Joe Dante ( Gremlins 1 et 2 1984, 1990), véritable trublion de l'écurie Spielberg et qui se fera vite évincer par ce dernier. Il est vrai que Dante vient d'une autre école, celle de la série B, d'ailleurs son Piranha de 1978 produit par le roi du Nanar, Roger Corman, en est un bon exemple. Sortie deux ans après les Dents de la Mer, Piranha en est une parodie au second degré mais n'en reste pas moins un film inventif et malin. Corman avait une recette simple: De l'action, du sang et des nichons !
Aja, en fan absolu du cinéma d'horreur, reprend à la lettre l'esprit Corman et le fait même passer au niveau supérieur. Il faut voir comment notre Frenchie national s'était accommodé du cultissime « La colline à des yeux, 1977 de Wes Craven. Son remake de 2006 avait mis toute la presse d'accord sur un point: Ce type a du talent!
Avec Piranha 3D, il n'y a plus à hésiter, Aja est en passe de devenir un maitre du cinéma gore. Dans un autre registre que La colline à des yeux ou Mirrors (2008), Piranha est un défouloir à prendre au 2ème voir au 3ème degré. Comme l'original, le film d'Aja est un hommage total au Dents de la mer dont il reprend la trame narrative avec précision, mais pas seulement. Certains choix esthétiques sont immédiatement reconnaissables comme la fontaine de sang qui sort de l'eau et le travelling compensé que je mentionne dans mon analyse du film de Spielberg. L'hommage va jusqu'au mimétisme, il n'y a qu'a voir la fin du film et la manière dont le héros se débarrasse de ces vils bestioles. enfin la participation de Richard Dreyfuss au casting fera sourire tout les fans absolus de Jaws !

Cependant Aja n'est pas un copieur maniériste et sa patte est plus que reconnaissable. N' oublions pas que nous sommes dans une série B, le metteur en scène opte donc pour une mise en scène totalement outrancière et décomplexée qui progresse sans aucune faute de rythme vers un feu d'artifice, une apothéose gore qui n'est supportable que parce qu'elle drôle. L'humour noir est le maître mot du film et croyez moi, vos rires ne seront qu'un échappatoire pour exprimer votre dégout. Je vous laisse le soin d'aller voir le film pour vous rendre compte à quel point les scénaristes ont été inventifs dès qu'il s'agit de mise à mort !

De là à faire d'Aja un bourrin il n'y a qu'un pas que je ne franchirai pas, car sa mise en scène est toujours surprenante et mortellement efficace en opposition à un scénario qui, bien entendu, ne surprendra personne. L'intérêt n'est pas là. L'heure est la satire d'une Amérique tape à l'œil. Ici les victimes sont les participants du Spring Break, sorte de défouloir pour étudiants coincés. Au programme, Sexe, alcool, et Musique à fond, le tout sous un beau ciel bleu et une lumière chaleureuse.
Pour Alexandre Aja, Le Spring Break est « une métaphore saisissante de l'Amérique dans ses excès et ses contradictions ».

Pas question pour lui de jouer le moraliste, encore une fois le réalisateur s'exprime clairement :
« J'ai déjà participé à un Spring Break: Ce qui devait être un moment de liberté, de plaisir, n'est en réalité qu'image, représentation, conformation à des codes débiles ».

déjà dans La Colline à des yeux, la famille Carter représentait une certaine idée de l'Amérique Post Reagan et ce n'est pas pour rien si le héros du film est un jeune démocrate pacifiste qui se transforme en machine à tuer pour sauver ce qui lui reste. Les méchants n'étaient rien autre que des humains désespérés et condamner à survivre. On sent dans Piranha cette même compassion du réalisateur pour ses petites bêtes qui ne font rien d'autres que nous rappeler que notre place n'est pas dans l'eau! Incarnation de la nature vengeresse face à la race humaine qui inonde le lac de cadavres de bouteilles, Le nouvel observateur parle même de films gore écolo.

Tout ces beaux bustes bronzés et ces corps parfaits seront mutilés, déchiquetés et recrachés sans pitié ! Un petit mot sur la 3D pour dire qu'elle n'est ici qu'accessoire puisque ce sont avant tout des effets gadgets de surgissement qui sont utilisés ( Ils n'en sont pas moins drôles). Exception pour la scène des sirènes...La 3D offre ici une perception étrange et presque poétique pour une scène qui est à coup sûr déjà culte. Pour tout les fans de Retour vers le futur, Christopher LLoyd alias "Doc" fait partie du Casting du film pour notre plus grand plaisir.

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