mardi 24 mai 2011

Pirates des Caraïbes : On stranger tides


"Jack Sparrow: Did everyone see that? Because I will not be doing it again."

Il faut être franc, tous les amateurs de grands divertissements hollywoodiens se sont régalés avec la trilogie Pirates des Caraïbes. Si une certaine clarté narrative à fait défaut aux deux dernier opus de la saga, le rythme enlevé de la mise en scène de Verbinsky, l'univers fantasmé de la piraterie et ses personnages attachants finissaient toujours par l'emporter. On se retrouvait alors les yeux grands ouverts, dévorant ces aventures épiques comme un gamin de 10 ans.

Si c'est toujours un plaisir de retrouver Jack Sparrow, Barbosa et Gibbs, la saga vient d'engendrer l'épisode de trop, un film sans saveur et sans élan, réalisé par le non cinéaste : Rob Marshall.

On en veut à l'avide Jerry Bruckheimer, sûr d'empocher de l'argent facile avec une franchise devenu culte, et surtout, d'oser le faire alors que Gore Verbinsky, le vrai magicien de Pirates des Caraibes, a quitté consciencieusement le navire, persuadé du naufrage artistique. Alors vous me direz, fallait – il attendre autre chose de la part du producteur de Pearl Harbor et Armageddon ? Si Verbinsky n'est pas non plus un grand génie, quoique le succès artistique de Rango nous permet d'affirmer sans crainte que l'homme à du talent, il n'y a qu'a comparer le dernier opus avec les trois autres pour se rendre compte que l'homme maîtrisait et estimait son sujet. Rob Marshall, lui, en a fait un vulgaire produit sans âme.

Car la grande perdante de ce Pirates des Caraïbes « On stranger tides », c'est l'action, et le souffle épique. On retient de la franchise un sens du mouvement, un plaisir enfantin du combat de sabre, précis et fluide, et des jeux d'équilibre qui nous donnait le tournis.

Souvenez vous, L'abordage à coup de vaisselle en guise de mitraille, le duel au sabre sur la roue du moulin dégringolant la colline ou même le navire de Jack de renversant alors que l'eau et l'air s'inverse avec fureur, le tout porté par le virevolant « Up is down » de Zimmer. C'était l'aventure, la vraie !

Hélas on ne retiendra rien de tout cela dans le film de Marshall qui dénigre l'action comme seulement Mike Newell (Prince of Persia en 2009 également produit par Brukheimmer tiens tiens !) l'a fait avant lui. L'action se résume à de vagues coups d'épées indistincts, un plan d'ensemble furtif, deux trois raccords sur un coup de poing et une plongée verticale histoire de rentabiliser la grue.

Le tout, bien sûr, est monté dans un non-style qui fait office de rustine et qui masque le total manque de vision du cinéaste. En ressort un spectacle statique, vide, à l'exception peut être de la fuite de Jack à Londres dans laquelle Marshall épuise toutes ses bonnes idées. La séquence de fin est une déception totale, un summum de non-action. Pas un seul abordage, pas de Pearl, la vie de pirates est devenu bien morose.

En revoyant le soir même le premier film, on se rassure en se disant que cela n'a pas toujours été comme çà. Le plaisir est toujours là, intact, le film danse avec légèreté et fougue jusqu'à son dénouement, Pirates des Caraibes, la malédiction du Black Pearl était un spectacle grandiose, que l'on ai 7 ou 77 ans.

Alors bien sûr il reste les personnages, et encore, beaucoup ne sont pas là. Les scénaristes persistent depuis l'épisode 3 à vouloir multiplier les personnages de premier plan. On se retrouve alors avec une multitude de méchants dont la figure de proue, Barbe Noire est inintéressante. Depp se retrouve tout seul à cabotiner, heureusement il le fait bien et est parfaitement épaulé par le génialissime Geoffrey Rush, Barbosa est définitivement le meilleur personnage inventé par la franchise avec Sparrow. En se privant du triangle amoureux pervers qui aboutissait à la fin tragique du couple Will/Elizabeth, la fontaine de jouvence se résume à un jeu de parcours auxquels seuls quelques notes d'humour donne du piment. La musique, si essentielle dans la trilogie en cela qu'elle démultipliait la force épique des scènes d'action, est ici utilisée comme un simple gimmick. Aucune composition originale pour Zimmer qui nous propose ici ni plus ni moins qu'un best-of.

Pirates des Caraïbes, en plus de n'être rien d'autre qu'un pur produit sans âme, est un véritable gachit d'argent. 250 millions de dollars ne font pas de Rob Marshall un bon réalisateur. N'osez même pas la 3D qui était, à coup sûr, l'unique prétexte lancé par Brukheimmer à ses financiers pour relancer la machine. On comprend pourquoi Verbinsky a préféré mettre les voiles.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire